Car j’ai une belle âme qui me berce doucement merci ma belle âme tu me donnes cet élan qui  relance,
c’est sans prix,
c’est beau,
vois le tumulte de la source qui brusquement aveuglée se remet à jaillir,
reconnaissance à la puissance de l’existence,
l’eau de vie reprend sa route calmement, sans rien céder mais augmentée

Largement charrie la douceur dans la longueur

Que dire d’une émotion peinte, pourquoi les mots et ne pas prendre un crayon et tracer des grands traits, cela devrait suffire
Le peintre a pris la feuille et il a tracé des grands traits je fais pareil avec les mots je trace des grandes orbites et j’épie la peinture dans le miroir

miroir  l’eau clapote elle est froide je rentre dans le bain trempé comme une épée

sorti du feu
ton regard aussi parfois

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Je ne suis pas en haut d’une montagne,

ni au bord d’un ruisseau

ni accroché aux pales d’un moulin

pas plus coincé dans la spirale du cahier

ni dans le ressort de la montre

Parfois je me fais l’impression d’être entre deux planche

un clou dans la chambre à air

mais c’est une illusion

je dois démentir

je ne vaux pas l’encre de mon stylo

j’ai dératés

dérapé

je ne fais pas de jeux de mots

de crocs en jambes

mes boyaux sont bien en place

et peu gonflés

ils ne sont pas la panse de brebis farcie

ni ni le chapeau du chevalier qui dit ni et veut un shrubbery

 

plus que la présence le choc violent de la pluie a interrompu la nuit
elle s’est mise a déverser un flot d’insultes, de coups bas elle était aidée par le vent
elle a essayé de m’atteindre dans mon sommeil et de fait je me suis réveillé
j’ai bien compris qu’elle m’en voulait d’ailleurs le rêve m’avait prévenu

Elle a tout inondé et j’ai du éponger

Un regard extérieur qui n’aurait pas été prévenu et réveillé par la pluie
n’aurait pas crié à l’assassin, tant de violence ne peut être fortuit
il aurait simplement fermé la fenêtre et bien sur, épongé.

Mes amis me diront « pense à fermer la fenêtre et ne laisse pas tout ouvert

Suppose qu’elle ne te regarde jamais ou pas,
suppose que la lumière du jour ranime ce feu éteint qui brûle dans l’ombre,
que tu ais froid, feu froid, my boy,
que tu ne respire plus
que tu t’éteignes sans orbite
ayant banni l’amour, qu’à jamais disparue la ligne des lignes de ta main se détache
ne t’enflamme plus
visage évanoui que tu recouvres de tes cheveux

Alors que je m’apprêtais à geindre, sans doute fatigué ou déprimé quelque chose dans la journée d’hier et qui me tient à cœur m’a mordu les fesses. J’ai eu un haut le cœur, j’ai sursauté. Se mettre en orbite, impulser un mouvement décisif et puis quand tout tourne pourquoi ce silence soudainement qui accompagne mon regard, no doubt il y a une rougeur et si l’orage est à l’extérieur même mes jambes flageolent et ne se montrent pas à la hauteur, mon sens de la dérision efface la tristesse et je reste sur les belles choses dites.

Avoir grandi dans l’ombre des grandes bibliothèques, qui me semblaient énormes qui l’étaient peut être moins, avec des livres dans les placards, des livres d’une autre époque que l’on ne lisait plus, des histoire des  chevaliers et d’orphelins rejoignant leur famille et le voleur est pendu, le voyageur s’initie à l’opium, les musiques sont de cristal et je suis un enfant, une éponge dans ce bain de la fertilité, j’absorbe. Avec ces gravures qui faisaient face aux histoires que personne ne contait plus, le décalage à quelques kms de là s’accentuait quand l’on sautait en fermant la porte de la voiture deux siècles plus bas, c’était le dix-huitième et des couverture de cuir presque durci et chose étrange la Belgique se lisait en petits carrés dessinés les noms magiques de Tintin, les insultes libératoires et ceux de Zig et Puce. Dans cette demeure les comptes anciens des métairies et les voyageurs des quatre coins du globe se retrouvaient pour parler livres, rencontres, et quelques livres toujours  fonçaient dans des étagères vieilles de trois siècles les bois provenaient qui voulaient lire la campagne de brume, mes jeux et mes découvertes d’enfance se fondaient au propre comme au figuré dans le bouquet d’arbres et le pré que la fenêtre au bord de la bibliothèque semblait prolonger sans qu’il n’y ai aucune différence ni de frontière. Cela semblait désespérant car rien n’arrêtait cette échappée, ma longue course à travers les lieux et les livres, Hereford et la vie sur le Mississippi pendant qu’à vélo j’allais trainer par les boutiques de Hay-on-Wye je rapportais un cuir vert de Lord Alfred Tennysson, une aveugle histoire aborigène dans une librairie à Nice et la rencontre avec Hemingway tout était prétexte à ce déplacement. Les histoire que je pourrai rapporter sont des rencontres elles ont la brumes des grandes légendes et ce sont des portes vers des lointains, je les ouvre j’accède au parfum comme celui de cette femme sombre et je ne parle pas de celui de la dame en noire mais de celle rencontré et que le hasard matérialise dans un poche rare, et puis les journaux froissés du quai du train, cet à compte d’auteur ramassé  lors du passage de la Biman, mes pas frôlent les ailes de ces papillons tristes qu’il faut ouvrir pour réveiller le grincement du coffre à rêve quand il s’ouvre et que je vais remplir aux endroits saugrenus entassant les rayons de sens caché.

under the spotlights

A voir ses yeux, Elle n’est pas une fiction. je la vois me fixer comme une fournaise, un four, un petit four, sur le pallier du volcan, ça chauffe. Le pain d’épice dont on fait les fantasmes, la voir m’échauffe les sangs, pudique sous un faux air de biche tueuse, elle est l’anaconda étouffeuse de victimes, affuté le fond de l’œil, joueuse de basson elle n’aime pas le violon.  Une fiction n’a pas d’yeux et puis notre rencontre n’a pas encore eu lieu, raconter au conditionnel, faire comme si .. j’entends dire que cet histoire d’yeux est de la plus grande hypocrisie, j’en entend qui pouffent, me disent qu’on ne les voit pas ses yeux, on les devine à peine, j’avoue que je suis estomaqué, what ! …  , que l’on puisse penser ça alors que tout en elle est yeux, oui ces cuisse, jarretières, sa crinière de cheval et tout le tralala tout n’est qu’yeux .

J’écris en blanc sur le noir de la feuille je couronne la corole de ma reine je la sacre.

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Or même son pull en est plein , sa double carnation, son bisou en douce amande, l’embroussaillement fatal de la savane sur sa peau, son haut vous voulez dire, n’allez pas croire qu’elle est poilue, qu’elle soit un monstre une sorte de sainte Nitouche, Nenni, n’en croyez rien mon ange s’habille du limon de la Terre s’embrase de lave succombe dans les typhon est un thermodactyle, je patauge sans respirer je souffle à pleine voix l’alerte du coquillage de ses cheveux, on y entend la mer, l’odeur tellement sexuelle des vagues et le carnaval tropical, la calme assurance des iliennes. Je l’ai rencontré à la Barbade dans l’ombre d’une demeure très coloniale, la chaleur étouffante on est allé prendre un thé à l’angle oblique très appuyé de ses paupières,  le plus infime repli de chair à vif nous est comme un Gauguin ne dirait on pas un bain  les abris geysers à l’ombre des sourcils comme des dents à fleur carnivore la langue passe repasse mais douce effilée et pimentée, les retombées sont fauves alors cette sensation de calme de glissade sauve dans la sérénité, j’écume mon nez hume ses seins replets moi bien calé et alors dégrafer son corps sage comme on joue du trombone un air de fête et coloré, sombre dans la Java.

Ses couleurs diraient elles autre chose que que ses yeux ? Ces yeux mentiraient ils, je me suis aller à questionner son corps ne cédant aucun pouce de la plantureuse victuaille, volupté sous les spotlights.

(c) Kerry james Marshall